Finale de la Coupe de la Ligue : un fiasco complet !

Avant de pouvoir se consacrer aux derniers préparatifs du Festival des 400 coups qui approchent à grand pas (11-18 juillet, vous pouvez encore vous inscrire !) les joueurs de l’ECM repartent une dernière fois au combat. En effet, très dominante sur la première phase nord midi-pyrénéenne, Montauban s’est offert le luxe d’avoir 4 équipes qualifiées parmi les 20 équipes présentes en finale de la Coupe de la Ligue 2026 (un record, et assez largement).

En faisant déplacer 18 personnes (16 joueurs & 2 papas accompagnateurs) jusqu’à Castelnaudary, le club comptait sur cette journée pour garnir son armoire à trophées. Et également pourquoi pas prendre exemple sur une instance plus grande qu’elle en terme d’organisation d’un évènement réunissant une centaine de personnes.

Dès la veille, un doute parcourait notre joueur titré Lucas Muratet : un départ depuis la cité d’Ingres à 8h30, vraiment ? Pour rallier la capitale du cassoulet en un peu moins d’une paire d’heures, pour ne pas prendre de risques, et par respect pour nos hôtes, cette décision était maintenue. Pointage à 10h30, ronde 1 à 11h, cela peut sembler exagéré, mais cela a été mis en place pour que les équipes venant des contrées les plus excentrées de la plus grande région administrative du pays puissent arriver.

SAMEDI 20 JUIN

Hugo oublie son réveil, je passe très proche de manquer mon train, et Félicien égare son légendaire bob citron. Quelque chose cloche dans l’air et ne présage rien de bon.

Les 4 équipes arrivent donc un peu en avance au collège des Fontanilles, terrain de jeu des échecs une fois par an. Pas de café mais la salle est heureusement climatisée, pour favoriser la concentration en ce weekend caniculaire…

le département audois

Mais tout de suite, l’arbitre prend la parole face à une assemblée à moitié concernée : il n’a pas prévu assez d’échiquiers pour assurer 10 matchs simultanés et satisfaire les 20 équipes. Du jamais vu pour un évènement d’une telle importance. Lunaire quand on sait qu’au départ, 22 équipes étaient prévues, deux d’entre elles s’étant désistées. Malgré la présence à l’heure de toutes les équipes, ces dernières viennent d’être informées que la compétition ne pourra pas débuter à l’heure…

Cela ne perturbe pas le planning des plus jeunes qui étaient venus pour jouer des parties, et vont s’en donner à cœur joie.

photo Ogen

Malgré un constat arithmétique implacable au niveau du matériel, Monsieur l’arbitre de la finale ne se décide à prendre sa voiture pour résoudre le problème que bien après, vers 11h20, nous informant au passage que les parties ne commenceraient qu’à 12h45 et que le tournoi serait tronqué (6 rondes au lieu des 7 prévues) ! Pour pouvoir enchaîner et perdre le moins de temps possible, il est donc demandé aux joueurs de trouver une solution à l’extérieur pour se restaurer d’ici que le tournoi commence (retenez bien cette information, elle sera utile pour plus tard). Beaucoup de temps libre nous est donné pour réécouter le tube de l’été…

Les joueurs montalbanais se dirigent donc vers la boulangerie et la supérette non loin du collège, sympathisent avec les joueurs des autres clubs, tout autant stupéfaits de tels manquements organisationnels. Sur le chemin du retour, au moment exact où Giorgi ouvrit sa salade, un joueur vint nous annoncer qu’un grand buffet venait d’être sorti du frigo… Tomates, quiches, saucisses, de quoi nourrir tous les joueurs pour la journée. Evidemment, cela aurait été vulgaire d’annoncer cela avant que les joueurs aillent se restaurer par leurs propres moyens… Un immense gâchis qui verra une bonne moitié du buffet être jetée à la poubelle. L’on pourrait donc enfin se dire que l’organisation a été prévoyante, mais le fait même qu’aucune boisson n’ait été prévue pour arroser tout ceci, en pleine canicule, démontre l’inverse. C’est Emmanuel, qui ira avec son propre argent acheter une douzaine de bouteilles d’eau d’une marque bien connue, pour désaltérer les joueurs de tous les clubs… Merci Manu.

Vers 13h, les échecs (ce pourquoi tout le monde est venu) peuvent enfin débuter. Dans la feuille de match ci-dessus, nous pouvons déjà observer plusieurs choses curieuses :
-Les deux équipes les plus fortes (en moyenne elo) de Montauban doivent déjà s’affronter à la ronde 1 (manque de chance, mais ça arrive)
-L’équipe 1 était favorite mais doit subir la première grosse surprise de la journée, ce qui va l’handicaper pour viser le titre.
-Dans les colonnes aux extrémités gauche et droite, les couleurs semblent normales puisqu’alternées. Mais juste avant de débuter, nouvelle ineptie organisationnelle : l’arbitre demande de jouer en BNNB et non BNBN pour tous les matchs. Ce n’est écrit dans aucun règlement, cela n’apparaît même pas sur les feuilles de matchs données par l’arbitre qui indiquent bien « BNBN », et surtout ce n’est pas comme cela que nous avons joué la phase 1 à Montauban en février dernier, une phase 1 fort bien organisée et arbitrée par l’excellent Fred Rivière que nous saluons.

la phase 1

Désireux d’en finir, et d’enfin pouvoir déplacer les pièces, les joueurs ne polémiquent pas et s’exécutent. Contrairement à ce qui est écrit sur le site, Corentin a bien battu son ami Alain avec les Blancs et non avec les Noirs, et Marin a tiré sa nulle contre Giorgi en déplaçant les pièces Noires.

Malheureusement, Montauban 4 n’arrivera pas à confirmer après son premier exploit, et Montauban 1 part de trop loin pour se mêler à la course au titre. Montauban 2 sera rattrapée par la sonnerie de téléphone d’Ogen dès la première ronde. Une partie perdue bêtement qui plombera les espoirs de cette équipe. Montauban 3 se débrouille avec ses forces, et notamment celles d’Alexandre DN, champion départemental U12 qui se débrouille très bien déjà contre les grands. Rendons hommages au différentes victoires de nos équipes qui se sont battues jusqu’au bout :

ronde 4

Belle victoire qui les éloigne de la dernière place du classement. Cette équipe connaîtra le dernier scandale de la journée à l’ultime ronde : son capitaine Franck sera épinglé pour le port d’une montre connectée. Effectivement, l’arbitre avait prévenu avant la ronde 2 de son interdiction, mais ne vient le sanctionner qu’à la ronde 6… Surtout, son jeune adversaire semblait enclin à continuer la partie si Franck retirait sa montre. L’arbitre ne veut rien savoir et inscrit la partie perdue sur le procès verbal. On parle bien ici de joueurs à 1600 elo ayant fait 2h de voiture pour s’affronter en bas du classement, avec donc très peu d’enjeu sportif… Cette situation fait écho à celle d’Ogen où il avait été proposé à l’adversaire de continuer la partie en dépit d’un incident électronique. Un deux poids deux mesures qui passe difficilement à Montauban, notamment auprès du principal intéressé, lui aussi arbitre.

ronde 4

Belle victoire sans encaisser de but de l’équipe 2, qui finira presque à l’équilibre (2 victoires, 1 nulle, 3 défaites). Bons scores journaliers de Thierry (3,5/6) et Vadim (4/6).

ronde 5

Victoire dans la difficulté pour notre équipe 4. Toutes les parties auraient pu tourner différemment, mais c’est le capitaine Timothée qui aura finalement le dernier mot. Une victoire qui ne rend pas assez hommage au tournoi de Marin, qui s’affirme de plus en plus face aux forts joueurs.

ronde 4

Giorgi se fait surprendre, le duel des maîtres débouche encore sur une nulle… Mais Alain prouve qu’il n’est pas là seulement pour faire descendre la moyenne elo sous le seuil requis : il va chercher un point très important et a montré de sérieux progrès en zeitnot. En finale, le président trouvera la clef et Montauban s’impose.

Il a manqué un peu de jus à nos équipes dans le sprint final pour mieux figurer, même si Montauban 4 finit à une 7ème place, largement devant son rang de départ au elo.

L’ET conserve son titre dans l’indifférence totale d’une salle aux trois quarts vidée, où personne n’a voulu assister à la remise des prix.

En effet, l’horaire (18h) de la remise des prix donnait presque envie de jouer la septième ronde. Mais désabusés, tous les clubs sont rentrés chez eux bien vite.

L’idée n’est pas de blâmer un seul homme, laissé complètement à l’abandon, seul pour organiser une finale régionale à 80 joueurs. Sa casquette de vice-président de la Ligue d’Occitanie était censée camoufler l’absence de la présidente, et ainsi lui donner la légitimité pour proclamer les résultats.

Si certains sont fatigués de devoir organiser, il faut passer le relais ; ça tombe bien, notre club et ses adhérents sont très demandeurs ! Mais les stages pour devenir arbitre ne sont pas légion et les grades restent dans les mains d’une petite minorité.

Cette très mauvaise expérience (à laquelle nous espérons ne pas avoir à faire l’année prochaine) fait monter la pression avant un Festival des 400 coups qui sera à la hauteur de vos attentes !